Que va devenir l'oeuvre de Lacan ?

C'est la question que l'on peut se poser après la lecture de la décision du TGI de Paris du 30 mars.

On y apprend que la publication des Séminaires relève de la seule "volonté personnelle" de Miller "et non de l'exécution d'une charge testamentaire exprimée ou à tout le moins implicitement certaine". Dit autrement, cette publication est contingente mais non nécessaire : il pourrait s'en abstenir.

Cette thèse est à l'opposée de celle que nous soutenions qui faisait de Miller l'exécuteur obligé de l'oeuvre et rappelé par nos soins à son obligation de diligence.

Sa mission est, selon le tribunal, "d'assurer la protection de l'oeuvre". Mais qu'arrive t-il lorsqu'il faut protéger l'oeuvre contre l'héritier lui-même ?

Le jugement estime par ailleurs que la version des Séminaires de l'Association Lacanienne Internationale "est à la disposition des chercheurs" et que la publication des Séminaires transcrits par Miller et critiqués par nos soins "ne serait pas de nature à permettre une évaluation plus précise de la pensée de Lacan".

Cet aspect du jugement est éminemment positif pour l'ensemble des écoles qui ont assuré un travail de transcription.

Comment néanmoins pourront-elles s'en contenter ? Leur ambition pour l'oeuvre prétendument aimée ne dépasse-t-elle pas le contentement du petit cénacle lacanien ?

Nous informons nos membres que l'Association des amis de Jacques Lacan étudiera toute les initiatives qui permettront d'assurer à cette oeuvre la large diffusion qu'elle mérite.

Nathanaël Majster
Secrétaire Général


Nous vous signalons l'article suivant paru dans le Nouvel Observateur du 29 mars 2007 :
La guerre des héritiers.


Suite à l'article de Jean Birnbaum, "Les Séminaires de Lacan au tribunal", paru dans Le Monde du 2 février, Charles Melman lui a adressé la lettre suivante :

Paris, le vendredi 9 février 2007

À Monsieur Jean Birnbaum
Journaliste au Monde
80 Bd Auguste Blanqui
75707 Paris Cedex

Monsieur,

Permettez-moi de vous remercier pour avoir attiré l'attention de vos lecteurs (cf. Le Monde des Livres du 2 février 2007) sur le procès que l'Association des amis de J. Lacan a intenté à J.-A. Miller.

Si la circonstance est douloureuse pour chacun d'eux, le problème qu'ils posent les déborde néanmoins largement : les légataires d'une oeuvre intellectuelle ont-ils le droit d'en fermer l'accès au gré de considérations commerciales ou bien partisanes personnelles ? Et cela, en outre, quand il s'agit d'un Séminaire qui fut libre d'accès et dont l'auteur a explicitement souhaité la diffusion.

Le dommage causé à la vie intellectuelle de ce pays ne concerne pas seulement les psys.

D'une façon inattendue dans le contexte vous me mettez nominativement en cause, que ce soit pour avoir fait défaut lors du procès (mais ma présence était accessoire) soit pour y avoir été par excès, à cause de la rivalité qui m'animerait. Ce dernier point est difficile à évaluer. En revanche, ne l'est pas la déshérence qui frappe l'édition de Lacan et dont vous ne faites nul état. Ne pensez-vous pas que vos lecteurs méritent d'en être informés ?

Charles Melman


Communiqué de Presse

Le 26 janvier à 14h30 se tiendra devant la 3ème Chambre civile (2ème section) du Tribunal de grande instance de Paris l'audience dont le demandeur est l'Association des amis de Jacques Lacan et Jacques-Alain Miller, le défendeur.

Cette action vise à faire reconnaître par le tribunal l'abus, par Miller, de sa mission d'exécuteur testamentaire qui se manifeste par l'insuffisance notoire de publication des Séminaires de Lacan.

Cette insuffisance est d'abord quantitative puisque lorsque nous avons initié cette action, avec l'assistance de Maître Bernard Edelman, seuls 11 séminaires sur 26 étaient publiés.

Elle vise à obtenir que des "mesures appropriées" soient prises : autorisation de publication des séminaires établis par les élèves ou constitution d'un Comité éditorial par exemple.

Dans tous les cas il est attendu qu'un calendrier se mette en place ainsi qu'une méthode. Il est loisible à chacun d'observer la qualité travail effectué par les élèves de Roland Barthes et de Michel Foucault pour la publication de leurs cours et conférences (oeuvre orale) : ils démontrent qu'une transcription de qualité, l'adjonction de notes, d'index et d'une introduction permettant de situer l'oeuvre sont possibles et souhaitables.

Les questions posées par cette action sont essentielles, pour Lacan comme pour l'édition des auteurs laissant derrière eux une oeuvre non encore divulguée :

Nous comptons sur vous pour assister et rendre compte des enjeux de cette audience à un large public.


Parution

Corrections


Les éditions Max Milo et l'AaJL publient les annotations critiques d'un linguiste, Gabriel Bergounioux sur l'édition des Séminaires de Lacan par Miller et le Seuil.

Ces coquilles, contre-sens, négligences, bourdes ou ignorances données depuis 25 ans au public comme si elles étaient de Lacan! Voici donc l'ensemble de ces comptes rendus, adressés régulièrement, et gentiment en plus, à Miller sans qu'il n'en tienne jamais compte.

Bref un document qui aide à mieux saisir l'ampleur du sabotage de l'oeuvre de Lacan par son exécuteur testamentaire.


PublierLacan tient une nouvelle rubrique Décryptage, destinée à permettre au public une lecture avisée des évènements, manipulations, informations et désinformations organisés par Miller. Decryptages de l'Agence Lacanienne de Presse, Oedipe, articles de Miller, etc.
Laurent Jézéquel inaugure cette rubrique avec un article consacré à la La prétendue "ouverture" de Miller, suivi d'un article de Nathanaël Majster, Miller auteur de Lacan.