Oedipe, ALP, Roudinesco : un e-mail de Laurent Jézéquel
Laurent Jézéquel - ajouté le 2005-04-20
Nathanaël Majster à Laurent Jézéquel, mardi 19 avril
La dépêche de l'ALP de ce soir vaut le détour et vous intéressera. Plus rien au fond, les politiques sont la politique, et sont réduits à leurs élégances (dont il est l'arbitre) et à leur style. Ce qui est étonnant est qu'il est spectateur, mais comme un enfant - l'enfant-clinicien -, qui observe le pouvoir qu'il n'a pas : comme une hargne de ne pas plus peser sur les choses. N'est-ce pas un trait commun à ses amis également ? À bientôt
Réponse de Laurent Jézéquel, mercredi 20 avril
Cher Majster,
Vous voyez : Oedipe fait montre de son "honnêteté" en publiant ma lettre... et refuse d'y répondre.
C'est pourquoi je persiste à penser qu'il est préférable de ne pas aller sur leur terrain, sur leur site. Jamais.
S'ils ne répondent pas, ce n'est pas faute de moyens. C'est faute d'intérêt.
La baston ne les intéresse pas. Ils ne cherchent que des occasions de se gausser. Le ton de ma lettre les en empêchait un peu. Mais ils s'en foutent : ils courent à d'autres occasions.
Cela dit, il me semble que dans la bande il y en a qui sont complètement cognés. Il y en a un qui fait dans l'allusion subliminale (quel intérêt ? une allusion est quand même faite pour être perçue). Il y en a un autre qui compte dans les textes les syllabes CE (au secours !). Et avec ça Miller. Excusez-moi, il me fait penser à ces mecs qui jouent les folles sans l'être, avec ses airs, ses mines, ses fous rires, ses élégances comme vous dites.
Tout ça pour dire qu'il est difficile de controverser avec ces gens qui se dérobent quand ils veulent. Le papier de Miller sur les hommes politiques dans son Agence lacanienne, bof ! Nous n'allons quand même pas nous intéresser au moindre neuneuf pondu par ce maniéré.
Je me demande comment vous allez répondre à la Roudinesco. Car ou elle se trompe, ou vous êtes mal. Je ne savais pas que Miller était co-auteur du séminaire de Lacan. Si tel est le cas, ce n'est pas seulement à Miller qu'il faut s'en prendre mais aux mânes de Lacan. Avoir donné un tel statut à son gendre, c'est quand même assez grotesque, si du moins co-auteur signifie auteur au sens où Lacan est auteur de ses propos enregistrés. Moi je croyais que Miller était une sorte de re-writer qui parfois en faisait un peu trop (ça arrive souvent aux re-writers) et, à part ça, le propriétaire des droits et l'éditeur, ce qui est déjà énorme.
Et les transcriptions de l'ALI ? Roudinesco en parle comme l'ALI parle des transcriptions de Miller : (incultes, etc.). J'espère qu'elle se trompe. Il faudrait quand même le prouver. Tiens voilà une idée : prouver que les transcriptions de l'ALI sont bien meilleures que celles de Miller et dévoiler le parti pris de Roudinesco. Si nous ne le faisons pas, que va croire le public et surtout qui va-t-il croire sur parole ? Roudinesco. Car le public veut simplement croire quelque chose et quelqu'un. Lire Lacan, je ne crois pas qu'il y pense une seconde. Moi-même, j'avoue
Allez, bon courage,
Laurent Jézéquel
